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Déficit LMNP : fonctionnement, report et déclaration en 2026

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En résumé

  • Un déficit LMNP apparaît, au régime réel uniquement, lorsque vos charges déductibles dépassent vos loyers encaissés. Le régime micro-BIC, forfaitaire, ne permet jamais de constater un déficit.

  • Ce déficit relève des BIC non professionnels. Il est reportable pendant 10 ans, mais uniquement sur des bénéfices de même nature.

  • Déclaration : liasse fiscale 2031-SD accompagnée des annexes 2033-A à 2033-G (le suivi des déficits reportables figure au 2033-B) puis report du résultat sur la 2042-C-PRO.

  • Le déficit se perd en cas de cessation d’activité meublée, de vente du bien, d’expiration du délai de 10 ans, ou lors du passage au statut LMP.

Pour en savoir plus sur le LMNP en 2026

Le déficit LMNP (Loueur en Meublé Non Professionnel) permet aux propriétaires de biens loués meublés de déduire certaines charges et amortissements de leurs revenus locatifs. Lorsque ces charges dépassent les revenus, un déficit se crée, réduisant ainsi l’impôt dû. C’est l’un des points forts de la fiscalité du statut LMNP. Bien comprendre son fonctionnement est essentiel pour optimiser la rentabilité de son bien immobilier. Voici les étapes à suivre ! 

Qu'est-ce qu'un déficit en LMNP ?

Un déficit LMNP se constate lorsque le total de vos charges déductibles dépasse le montant des loyers encaissés au cours d’un même exercice. Le résultat de votre activité de location meublée devient alors négatif. Deux conditions préalables sont à respecter pour en bénéficier.

Le régime réel est indispensable

Le déficit n’existe que sous le régime réel. Au micro-BIC, l’administration applique un abattement forfaitaire sur vos recettes, 50 % en location meublée longue durée, censé couvrir l’ensemble de vos frais.

Autrement dit, un loueur au micro-BIC qui supporte 15 000 € de travaux sur 9 000 € de loyers reste imposé sur 4 500 €. Le passage au réel est la seule voie permettant de constater, et de reporter, un déficit.

Un déficit BIC et non foncier

Les loyers issus d’une location meublée non professionnelle ne sont pas des revenus fonciers : ils relèvent de la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux (BIC), et plus précisément des BIC exercés à titre non professionnel. De ce fait, le déficit ne s’impute que sur des bénéfices de même nature, pendant 10 ans. Le plafond de 10 700 €, propre au déficit foncier, ne s’applique pas.

L'amortissement réputé différé (ARD)

L’amortissement du bâti et du mobilier suit une règle à part, posée par l’article 39 C du CGI : il ne peut ni créer ni aggraver un déficit. Sa déduction est plafonnée au montant du bénéfice restant après imputation des charges.

La fraction que vous n’avez pas pu déduire n’est pas perdue pour autant : elle est mise en réserve sous forme d’amortissement réputé différé. Ce stock d’ARD est reportable sans aucune limite de durée, c’est sa différence fondamentale avec le déficit BIC, plafonné à 10 ans.

Déficit et LMNP : les notions à ne pas confondre

Voici un tableau comparatif pour vous aider à mieux vous y retrouver :

Déficit BIC (LMNP) ARD (LMNP) Déficit foncier (location nue)
Origine
Charges déductibles > loyers
Amortissement non déduit
Charges déductibles > loyers
Régime concerné
Réel BIC
Réel BIC
Réel foncier
Imputable sur le revenu global
Non
Non
Oui, jusqu'à 10 700 €/an
Durée de report
10 ans
Illimitée
10 ans (au-delà du revenu global)
Base légale
Art. 156-I-1° bis CGI
Art. 39 C CGI
Art. 156-I-3 CGI

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Comment se calcule le déficit LMNP ?

Le calcul se déroule en deux temps, voici les étapes à suivre.

Étape 1 : Le résultat après charges

On soustrait d’abord les seules charges déductibles des loyers encaissés :

Résultat intermédiaire = Loyers encaissés − Charges déductibles (hors amortissement)

Si le résultat est :

  • Négatif : vous constatez un déficit BIC, reportable 10 ans. L’amortissement de l’exercice ne peut alors pas être déduit du tout : il bascule intégralement en ARD.
  • Positif : vous passez à l’étape 2

Étape 2 : L'amortissement, plafonné au bénéfice

L’amortissement de l’exercice ne se déduit qu’à hauteur du résultat intermédiaire, sans jamais le rendre négatif :

Résultat fiscal = Résultat intermédiaire − Amortissement déductible

avec Amortissement déductible ≤ Résultat intermédiaire

La fraction non déduite alimente le stock d’ARD, reportable sans limite de durée.

Dans la pratique, le résultat fiscal d’un LMNP au réel est très fréquemment nul : l’amortissement absorbe exactement le bénéfice restant, et le surplus part en ARD. C’est la mécanique normale du dispositif, non une anomalie.

Pour calculer le résultat en LMNP :

Résultat fiscal LMNP = Loyers − Charges déductibles − Amortissement

Exemple chiffré

Prenons l’exemple d’un studio meublé acquis 120 000 € (dont 96 000 € amortissables), loué 9 600 € sur l’année, soit 800 euros par mois.

Charge annuelle Montant
Loyers encaissés
9 600 €
Travaux d'entretien
− 7 000 €
Intérêts d'emprunt
− 3 200 €
Taxe foncière
− 900 €
Charges de copropriété
− 1 100 €
Honoraires comptables
− 600 €
Total charges
− 12 800 €
Résultat intermédiaire
− 3 200 €

Le résultat est négatif : déficit BIC de 3 200 €, reportable 10 ans.

L’amortissement de l’exercice, environ 4 000 € pour le bâti et 1 000 € pour le mobilier, soit 5 000 €, ne peut pas être déduit. Il bascule intégralement en amortissement réputé différé (ARD) : 5 000 €.

Quelles charges peut-on déduire en LMNP ?

Au régime réel, toute dépense engagée dans le cadre de l’activité de location meublée, payée au cours de l’exercice et justifiée par une pièce comptable, est déductible.

Les charges liées au logement

  • Charges de copropriété 
  • Taxe foncière
  • Dépenses d’entretien et de réparation 
  • Primes d’assurance 
  • Travaux

Les charges liées au financement

  • Intérêts d’emprunt
  • Frais de dossier bancaire
  • Assurance emprunteur 

Les charges liées à l'exploitation

  • Frais de gestion locative 
  • Honoraires d’expert-comptable
  • CFE (cotisation foncière des entreprises)
  • Frais de publicité et d’annonces
  • Abonnements

Bon à savoir -

Les frais de notaire, droits d’enregistrement et honoraires d’agence supportés à l’achat font l’objet d’une option exercée une fois pour toutes, lors du premier exercice :

  • soit ils sont déduits en charge intégralement lors de l’année d’acquisition
  • soit ils sont incorporés au prix de revient et amortis avec le bâti sur la durée de l’investissement

Le régime réel impose la tenue d’une comptabilité commerciale : livre-journal, grand livre, bilan, compte de résultat ou encore plan d’amortissement. Chaque charge doit être appuyée d’un justificatif conservé au minimum 3 ans.

Report du déficit LMNP : durée et fonctionnement

Le déficit BIC non professionnel s’impute sur les bénéfices de même nature réalisés au cours des dix années suivantes. Le décompte démarre l’année qui suit celle du déficit. Un déficit constaté en 2026 est donc imputable de 2027 à 2036 inclus.

L’imputation ne suppose aucune démarche particulière : dès qu’un exercice dégage un bénéfice, les déficits en report s’y appliquent d’office.

Un point de vigilance concret : le report d’une année sur l’autre dans votre espace en ligne impots.gouv ne se fait pas toujours automatiquement. Il n’est pas rare qu’un déficit déclaré une année n’apparaisse plus l’année suivante. Vérifiez systématiquement le montant prérempli avant validation : un déficit oublié est un déficit perdu, et la correction rétroactive suppose une réclamation.

Le cas des investisseurs multi-biens

Lorsque vous détenez plusieurs logements meublés, le résultat fiscal est calculé à l’échelle de l’ensemble de votre activité, et non séparément pour chaque bien. Les recettes et les charges de tous vos logements sont donc regroupées afin de déterminer un bénéfice ou un déficit global, déclaré sur une seule et même déclaration.

Comment déclarer un déficit LMNP ?

La liasse fiscale (déclaration de résultat)

Vous déposez une déclaration de résultat n° 2031-SD, accompagnée de ses annexes 2033-A à 2033-G au régime simplifié d’imposition.

Ces annexes portent l’essentiel de l’information sur votre investissement :

Annexe Contenu
2033-A
Bilan simplifié
2033-B
Compte de résultat simplifié :
c'est ici qu'apparaît le résultat de l'exercice
et le suivi des déficits restant à reporter
2033-C
Immobilisations et amortissements
2033-D
Provisions, amortissements dérogatoires et déficits reportables

La transmission s’effectue obligatoirement par voie dématérialisée (EDI-TDFC), via un expert-comptable, un organisme de gestion agréé ou un prestataire de télétransmission agréé. Il n’existe pas de saisie directe de la liasse depuis l’espace particulier d’impots.gouv.

Elle suppose au préalable une immatriculation de l’activité auprès du guichet unique de l’INPI, qui vous attribue un numéro SIRET.

La déclaration de revenus 2042-C-PRO

Le résultat issu de la liasse est ensuite reporté sur la 2042-C-PRO, dans la rubrique des revenus industriels et commerciaux non professionnels.

Déficit LMNP : ce qui change en 2026

Plusieurs réformes récentes modifient l’environnement fiscal du LMNP.

Prélèvements sociaux portés à 18,6 %

La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 relève la CSG sur les revenus du patrimoine de 9,2 % à 10,6 %. Le taux global des prélèvements sociaux applicable aux bénéfices de location meublée non professionnelle passe ainsi de 17,2 % à 18,6 %.

Réintégration des amortissements dans la plus-value

Depuis la loi de finances pour 2025, les amortissements déduits pendant la période de location sont réintégrés dans le calcul de la plus-value lors de la cession du bien. L’assiette taxable augmente donc mécaniquement à la revente.

Seuils du micro-BIC

Le seuil pour bénéficier du régime micro-BIC, et de l’abattement fiscal sur les revenus locatifs, est passé de 77 700 € à 83 600 € / an.

Depuis 2020 j’apporte des conseils sur les placements financiers à mes clients et les accompagne dans le temps en répondant à leurs interrogations sur les sujets de la fiscalité, de la constitution et de la valorisation d’un patrimoine. En plus de proposer un service global sur la gestion de patrimoine, j’ai une spécialité sur les sujets de la transmission/succession.